La sécurité alimentaire

Les antibiotiques sont utilisés depuis des décennies dans diverses applications, par exemple à l’hôpital pour traiter les infections bactériennes chez l’homme ou à la ferme pour traiter les animaux et favoriser leur croissance. Cependant, utilisation excessive et la mauvaise utilisation des antibiotiques ont favorisé le développement de bactéries résistantes aux antimicrobiens (AMR), ce qui entraîne un traitement inefficace des infections bactériennes et devient problématique pour la santé publique dans le monde entier. L’émergence de bactéries antibiorésistants  pose non seulement un problème de santé publique, mais aussi de pollution environnementale et de perte économique en raison de la période de traitement prolongée et du taux de mortalité élevé du cheptel.

Par conséquent, il est important de comprendre la prévalence de l’AMR pour prendre des mesures rapides de contrôle et limiter la propagation de l’ARA.

Les données sur la prévalence des BAAR dans l’aquaculture sont très limitées au Cambodge. Dans cette étude réalisée dans le cadre du projet AquaCAM-FSPI financé par le Ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères, nous étudions la résistance aux antibiotiques des pathogènes opportunistes chez les poissons comme d’Aeromonas spp. et des bactéries ubiquistes  de l’eau comme l’Escherichia coli (E. coli) dans l’aquaculture du pangasius et de lle poission tête de serpent géante qui sont les systèmes dominants de l’aquaculture au Cambodge.

Une équipe de recherche de l’Institut de Technologie du Cambodge (ITC) comprenant le Dr Chanthol Peng (chef d’équipe), Mme THANH Channmuny (chercheuse), Mme MONIROTH Sopheapanhavattey, M. CHEA Sopheaktra, M. KHY Panha (étudiants en recherche) est responsable de cette recherche. Jusqu’à présent, l’équipe a étudié le système d’aquaculture en étang dans la province de Kampong Chhnang et Kandal. Des échantillons d’eau, de poissons et de sédiments ont été recueillis et envoyés au laboratoire de l’Institut de technologie du Cambodge (ITC) pour effectuer l’analyse de la RAM. La sensibilité aux antibiotiques a été testée avec 9 agents antimicrobiens différents utilisés en aquaculture et en thérapie humaine L’analyse est en cours et prévoit d’étendre la zone d’étude à d’autres systèmes différents tels que les cages. L’équipe diffusera bientôt les résultats aux parties prenantes concernées afin de traiter la question de l’émergence de l’antibiorésistance en aquaculture pour proposer une solution réaliste à ce problème. De plus, nous croyons que les résultats feront partie des efforts visant à combler le manque de connaissances sur la RAM dans la production aquacole au Cambodge, ce qui aidera les décideurs à faire face à la RAM et à promouvoir la durabilité du système aquacole.