Evaluation de la risques pour la santé des poissons

Risque d’émergence des pathogènes aquacoles majeurs dans les systèmes considérés

This image has an empty alt attribute; its file name is Risk-of-the-emergence-of-major-aquaculture-pathogens-in-the-systems-considered-1.png

Le risque pathologique est une des contraintes majeures pour la durabilité de l’aquaculture, et l’analyse des risques vise essentiellement à quantifier ces derniers, à déterminer les conséquences et les scénarios possibles, à définir un niveau de risque infectieux acceptable ainsi que les procédures à mettre en place pour la gestion de ce risque. Ces étapes nécessitent de nombreuses informations et connaissances sur les facteurs épidémiologiques des maladies mais aussi d’autres facteurs économiques et sociaux pouvant être impliqués dans le risque sanitaire.

L’évaluation des risques infectieux suscite un intérêt croissant, notamment lorsqu’elle s’applique au niveau national pour : i) gérer le risque d’introduction de maladies exotiques ; ii) mettre en place une surveillance basée sur les risques sanitaires des exploitations piscicoles. Pour autant, tout en considérant la complexité et le déficit chronique d’informations sur l’état sanitaire des systèmes aquacoles, l’évaluation des risques en aquaculture a un usage limité.

Un modèle semi-quantitatif de classement des exploitations piscicoles par rapport aux risques d’introduction et de propagation d’agents pathogènes a été développé pour les salmonidés (Oidtmann et al., 2011). Ce dernier permet de définir des priorités de surveillance selon le profil de  risque  de ces fermes aquacoles, permettant ainsi la possible mise en place d’un système de surveillance spécifique à ces installations. Déjà utilisé en milieu tropical (Caruso & Lazard, données non publiés), dans le projet AquaCAM nous proposons une méthodologie et une grille d’évaluation de la biosécurité pour l’aquaculture adaptées au type d’élevage et surtout aux conditions des exploitations locales.

Basée sur l’évaluation des facteurs de risque reconnus et  regroupés en « familles de risques », ces facteurs seront évalués et  pondérés selon la gravité du risque qui leur est reconnu. La méthodologie repose sur l’attribution d’un score aux risques potentiels pouvant contribuer à la contamination ou à l’émergence d’une maladie à la ferme.  Plus le score n’est élevé, plus le poids des défaillances dans la sécurité sanitaire de la ferme sont élevées

Une large consultation via le WEB est actuellement en cours et un questionnaire a été soumis à l’attention des pairs (experts en aquaculture et pathologie du poisson) internationaux pour récolter leur avis et scores sur ces risques identifiés.

L’analyse de ces questionnaires permettra la rédaction dune grille d’évaluation pour  jauger la biosécurité des fermes et plus largement la «résilience» sanitaire des systèmes de production.  Cette approche sera également validée sur un ensemble de fermes des systèmes considérés dans le projet, ainsi, une classification des exploitations face au risque infectieux pourrait être proposée en fin de projet. Cette grille d’évaluation ainsi determinée pourrait être un premier élément pour une stratégie nationale de surveillance de la pathologie en aquaculture basée sur la notion du risque ou « Risk Based Surveillance » (RBS).


Enquête longitudinale sur la prévalence des trématodes d’origine alimentaire (FBT) chez le barbeau argenté et le barbeau red-tailed tinfoil

Certains trématodes larvaires connus sous le nom de douves peuvent être zoonotiques et affecter le foie ou l’intestin chez l’homme. Elles représentent un risque important pour les consommateurs, notamment en Asie du Sud-Est.

Les cyprinidés peuvent être porteurs de ces parasites et transmettre la maladie à l’homme. Une étude a été menée pour déterminer la prévalence de ces parasites chez le barbeau argenté et le barbeau red-tailed tinfoil; ces deux poissons sont largement appréciés par la population cambodgienne. De juin 2021 à aujourd’hui, nous avons étudié ces poissons issus de 6 provinces et de la ville de Phnom Penh au Cambodge pour identifier les espèces de FBT.

Aujourd’hui, plus de 800 barbeaux d’argent et queues de renard provenant de l’aquaculture, du fleuve Mékong et des marchés de la région de Phnom Penh ont été collectés et analysés. Tous les échantillons de poissons ont été conservés sur de la glace dans une boîte et transférés au laboratoire de la Faculté des Pêches, Université Royale d’Agriculture, pour être examinés selon la méthode de l’OMS, (1995) modifié par Chi et al. (2008). Notre étude démontre que ces poissons ont une prévalence de FBT relativement faible par rapport à celle rapportée dans d’autres études. Cependant, notre étude a montré que de nombreux facteurs peuvent influencer la pression parasitaire chez les poissons (schémas saisonniers, espèces, localisation géographique, taille des poissons, installations…). Notre étude continue à investiguer sur ce sujet.